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13 – Les années 80

Years by Cezame-15 80

Les années 80 – Un Age d’Or

De la librairie musicale à la production music. Du microsillon 33 tours au compact-disc

Tout comme 1976 est une année charnière pour le droit américain, 1985 est en France une année décisive pour la production musicale. En effet, la loi du 3 Juillet, dite «loi Lang», instaure le droit voisin , c’est-à-dire la reconnaissance du droit des artistes interprètes et des producteurs pour percevoir des redevances à l’occasion de la diffusion de leurs enregistrements. Ce droit est dit «voisin» car il est le prolongement naturel du droit d’auteur. Déjà en germe dans la Convention de Rome de 1957, ce droit permettait aux producteurs de musique de nombreux pays, dont l’Allemagne et l’Autriche, de percevoir des redevances lors des diffusions.vinyle RCA V3

Grâce à la loi Lang, l’éditeur de production music français est officiellement un producteur de phonogrammes, et donc habilité à percevoir des redevances au titre de la diffusion et de la reproduction des enregistrements dont il est détenteur des droits. L’enregistrement, qui n’était qu’un support destiné à promouvoir la diffusion de l’œuvre musicale, acquiert alors une valeur marchande à part entière. Le droit voisin sur les enregistrements est aujourd’hui reconnu dans tous les pays ou le droit d’auteur existe.

En 1982, Frédéric Leibovitz et Jean-Michel Gallois-Montbrun créent, en association avec la multinationale américaine RCA, le label RCA Media qui devient, après le retrait de RCA, Koka-Media en 1985. Koka-Media apparaît très vite, dans de nombreux pays européens, comme la référence de la production music française. La nouveauté apportée par ce jeune label est celle d’une orientation esthétique résolument moderne, répondant à l’attente de la nouvelle génération des professionnels de l’audiovisuel, qui avait baigné dans l’effervescence musicale des années 60. Dans les premières années, le catalogue est constitué d’enregistrements préalablement publiés par les labels Cézame (à tendance folk) et Cobra (à tendance rock et électronique) fondés par Frédéric Leibovitz et Jean-Michel Gallois-Montbrun au milieu des années 70.

 

A la même époque, John Lee crée «Atmosphere Music» au Royaume-Uni, dans un esprit proche de celui de Koka-Media. Atmosphere Music, dirigé par Duncan Schwier, devient rapidement une référence de la production music.vsiuel Koka

Outre leur modernité, l’apport significatif d’Atmosphere et de Koka-Media est la participation systématique de plusieurs compositeurs à la conception des albums, ce qui permet de proposer différentes approches sur une seule et même thématique. Auparavant, les albums étaient majoritairement conçus par un compositeur recevant une commande d’un éditeur. L’approche artistique des « concept albums » thématiques sera reprise par de nombreux éditeurs à partir des années 80 et deviendra une norme.

En Allemagne, Uwe Buschkötter crée, en 1980, «UBM Production Music». Cette société est acquise en 2003 par BMG, mais Uwe Buschkötter poursuit son activité de production music sous le label UBM Media.

En 1985, KPM publie les premiers compact-discs de production music.

Zomba Production Music, fondée au milieu des années 70 par Clive Calder, acquiert Bruton Music en 1985, puis Chappell Recorded Music Library en 1988, pour former, sous la direction de Steve Cole, «Zomba Production Music Group».

Au début des années 80, KPM et Bruton music, deux parmi les plus grandes sociétés européennes fondent aux Etats-Unis APM Music (Associated Production Music) aujourd’hui dirigée par Adam Taylor. En 1990, Zomba acquiert FirstCom, société créée par Jim Long, et en France l’Illustration Musicale et MCT (Musique Cinéma télévision), créée par René Taquet.

Bien que Zomba ne soit pas une major à proprement parler, ces acquisitions successives font de ce groupe éditorial un acteur de poids du secteur, doté d’une vraie stratégie internationale.

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Eric Mallet, Frédéric Leibovitz et Jean-Michel Gallois-Montbrun à l’époque de la création de Koka-Media

En 1988, Eric Mallet crée Kosinus, en partenariat avec Koka-Media.

Cette même année, Nick Farries fonde Carlin Production Music.

Sam Trust lance «Killers Tracks» en 1989. Cette société est rachetée par le groupe BMG en 1992, et Sam Trust la dirige jusqu’en 1997. Depuis, elle est dirigée par Gary Gross, qui deviendra par la suite président du groupe BMG de production music, puis d’Universal Publishing Production Music pour le monde (UniPPM).

En 1990, Ron Mendelsohn et J.C Dwyer lancent «MEGATRAX», qui est à ce jour le plus important indépendant du secteur aux USA.

En 1995, VideoHelper, éditeur spécialisé dans la musique pour trailers  (bandes-annonces pour la télévision), est fondée à New-York par Joe Saba et Stuart Winter.

En 1995, BMG Music Group acquiert Atmosphere Music et Match Music, société suédoise fondée par Steve Martin ; puis, en 1996, la moitié de Koka-Media. Frédéric Leibovitz s’associe à BMG, pendant que Jean-Michel Gallois-Montbrun fonde Kapagama. Tout comme Zomba, la stratégie de BMG est conçue pour répondre aux besoins croissants de musique pour l’audiovisuel, et donc sur le potentiel financier que cette évolution représente.

Après la chute du Mur de Berlin en 1989, Jean-Jacques et Krystyna Bled lancent la première production music dans un pays de l’ex Bloc de l’Est, «Paris Music», d’abord à Gdansk, puis à Varsovie.

En Turquie, Muzikotek, l’édition de Daghan Baydur, fait connaître la production music dans son pays.

En 1998, au Royaume-Uni, un nouvel arrivant bouscule l’image de la production music : «Extreme Music», les « bad boys de la production music », fondée par Mark et Paul Levinson, et animée par Russell Emmanuel & Dolph Taylor. Extreme Music est aujourd’hui membre de Groupe Sony-Music.

A la fin des années 90, un métier structuré se met en place. Ses acteurs sont à la fois éditeurs originaux de leur propre catalogue, mais aussi représentants de sociétés étrangères, on les appelle des «sous-éditeurs». Parmi eux : Encore Merci/ Music Shop en France, Konga Music et Vimusica en Espagne, Upright Music et Aux Music en Scandinavie, Five Alarm aux USA, Music Director aux Pays-Bas, ou encore Intermède Music au Canada.

logo cezame 1975Au Japon, l’activité se concentre davantage sur la représentation de catalogues étrangers que sur la création d’un répertoire national. Sakura Notes, société créée par Yoshiaki Nozaki et Mike Duer, devient un acteur indépendant majeur, à côté de multinationales comme Nichion Inc, édition affiliée au réseau de télévision Tokyo Broadcasting System.

En Australie et en Nouvelle Zélande, le marché est dominé dans les années 80 par le Groupe EMI. Le premier indépendant est Fable Music, fondé par John McDonald, société toujours présente sur le marché.

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