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12 – Les années 60

Years by Cezame-15

Les années 60

L’internationalisation 

Visuel KPM

L’acquisition de KPM par EMI, à la fin des années 60, marque l’entrée des majors de l’industrie musicale dans la production music. Cependant l’activité reste durant toutes ces années, un marché de niche réservé aux indépendants. En dehors du Groupe EMI, aucune autre major de l’industrie musicale ne s’y intéresse sérieusement.

Au cours de cette période particulièrement faste pour la musique populaire, de nombreuses sociétés d’illustration musicale se créent dans les pays où le droit d’auteur est la norme.

En France, Sonimage/ Musique pour l’Image, société créée par Robert Viger, propose déjà une production avant-gardiste et révélatrice du potentiel créatif de l’activité, en publiant des albums de jazz et de musique électro-acoustique. D’autres sociétés, comme «Montparnasse 2000», ou encore «Telemusic», dirigée par Roger Tokarz deviennent des leaders du marché. Figurent au catalogue de Télé Music des enregistrements de référence qui seront samplés par de célèbres artistes anglo-saxons des années 90/2000. Chappell France publie les enregistrements, aujourd’hui cultes, de Jack Arel et Jean-Claude Petit. La société d’Eddie Warner, (à ne pas confondre avec Warner Brothers), «L’Illustration Musicale», édite «Western Patrol», le plus ancien générique de la télévision française, pour l’émission « Des Chiffres et des Lettres ». Son catalogue recèle en outre de nombreuses musiques de Roger Roger et Nino Nardini, compositeurs de référence de cette période. L’Illustration Musicale est rachetée par Zomba Music dans les années 90, avant d’être intégrée au groupe Universal en 2003.

En 1965,années 60 disquaire Gerhard Narholz fonde en Allemagne Sonoton, le plus grand indépendant mondial, qui est demeuré une référence dans les pays germanophones ainsi qu’aux USA. L’autre grande librairie musicale allemande est «Selected Sound», membre du Groupe EMI, longtemps dirigée par Hans Muller.

Si l’on compte de nombreuses librairies musicales au Royaume-Uni, en France et en Allemagne (certaines ne publient que quelques albums), l’Italie n’est pas en reste en matière d’innovation. En effet, au cours des années 60/70, une multitude de labels, originaux pour les uns, ou kitsch pour les autres, font leur apparition. A côté des départements d’illustration musicale des grands éditeurs tels que, CAM, Fonit-Cetra (société d’état), Carosello, Leonardi, RCA Italiana, c’est plus d’une cinquantaine de marques indépendantes qui voient le jour. Parmi elles, nous retiendrons les labels créés par le compositeur Piero Umiliani, Liuto et Omicron, et Intermezzi, le label d’Alessandro Alessandroni. Les vinyles des labels italiens sont aujourd’hui particulièrement recherchés par les collectionneurs.

Il faut remarquer qu’en Italie, les plus grands compositeurs de musique de film (Ennio Morricone, Riz Ortolani, Bruno Nicolai) travaillent pour l’illustration musicale sous leurs propres noms ; au contraire des autres pays dans lesquels les compositeurs de renom utilisent des pseudonymes. La collection «BPM Score Music Series» (UniPPM) reflète cette période particulièrement créative.

En 1968, Romano di Bari fonde «Canopo Edizioni Musicali», avant de lancer «Flipper Music» et son label «Primerose» en 1970. Flipper Music est toujours dirigée par Romano di Bari et son fils Fabio. C’est le label indépendant le plus actif du marché italien.

Au Royaume-Uni, en 1977, le Groupe ATV Music lance Bruton Music, autre acteur de poids du secteur, sous la direction de Robin Phillips.

Des instruments électroniques au synthétiseur – Une autre lutherie et une nouvelle palette sonore

L’apparition du synthétiseur marque une étape décisive pour la production music. Remplaçant peu à peu les claviers électroniques, tels que les orgues Farfisa, Bontempi ou Elka souvent utilisés pour des raisons économiques à la place des cordes, les synthétiseurs (principalement le Moog) proposent de nouveaux timbres capables d’illustrer l’aspect futuriste de certaines productions des années 70 et 80.

Pionnier de son utilisation, Jean-Jacques Perrey, en collaboration avec Cecil Leuter, compose pour de nombreuses librairies musicales françaises, dont l’Illustration Musicale et Creasound. Installé aux Etats-Unis depuis le début des années 60, il collabore avec Gershon Kingsley, compositeur de ‘Pop Corn’, premier succès international de musique pour synthétiseur par le groupe Hot Butter en 1972. Cette production ouvre ensuite la voie à de nombreuses créations de musique pour l’image .

Le Copyright Act  

La loi américaine de 1976, dite «Copyright Act», qui instaure un droit de propriété distinct sur les enregistrements (l’équivalent de notre droit voisin), va bouleverser les rapports entre médias et producteurs d’enregistrements. Après l’instauration de cette loi, l’utilisation des enregistrements dans un programme de télévision nécessite l’autorisation préalable de ses propriétaires. Les dispositions du « Copyright Act » donnent une impulsion décisive au développement de la production music aux Etats-Unis. Les éditeurs de production music qui, rappelons-le, détiennent les droits de reproduction des œuvres, mais aussi des enregistrements, ne tardent pas à répondre à la demande croissante de musique par les médias.

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